Greffe de cheveux par le Docteur André BOACHON

 

 

 

Quelle que soit la méthode utilisée dans la greffe de cheveux, celle-ci est fondée sur le fait que la longévité des cheveux, programmée génétiquement, est différente dans la région occipitale et temporale par rapport au vertex et à la zone frontale. Ceci s'explique par une différence des récepteurs hormonaux aux androgènes qui entraînent des cycles pilaires beaucoup plus longs sur la zone occipitale par rapport aux zones du sommet.


 

 

A la naissance 20 cycles pilaires sont programmés, chaque cycle durant 7 ans, le cheveu Pourrait se renouveler jusqu' l'ge de 140 ans (20 x 7)... Mais, du fait de la sensibilité des récepteurs aux androgènes, les cycles se raccourcissent à 2 ans, à 40 ans (20 x 2), l'alopécie sera totale et définitive.

Les follicules pileux transplantés sur la zone receveuse gardent les caractères de la zone où ils ont été prélevés, donc ne tombent pas. Si ce phénomène n'existait pas, cette technique chirurgicale n'aurait pas lieu d'être pratiquée.

Dans tous les cas, la micro greffe ne permet pas d'ajouter des cheveux mais uniquement de gérer le déficit en déplaçant donc les cheveux de la couronne vers la zone d'alopécie.

 


 

 

Le principe de greffe de cheveux n'est pas récent. En effet, il a été décrit pour la première fois en 1937 par un médecin japonais le docteur OKUDA. Cette publication a été reprise dès 1959 par le docteur ORENTREICH. Depuis, cette technique a bien évolué notamment par les travaux effectués par le docteur AROUETTE qui avait repris la technique du docteur ORENTREICH.


 

Les indications des transplantations sont multiples.

  • La plus fréquente s'adresse aux alopécies androgéniques chez l'homme, soit au niveau de la tonsure, soit au niveau frontal, soit les deux.
  • Chez la femme où l'alopécie est plus diffuse, ce type d'intervention est devenu possible dans le cadre de l'alopécie androgénique depuis que l'on utilise des micro greffes qui permettent d'insérer ces derniers entre les cheveux encore existants.

 

Autres indications :

  • Réparation de brûlure, souvent après l'utilisation de "skin expender" lorsque les brûlures sont étendues, sur cicatrice de lifting de la région temporale. Cette indication est de plus en plus rare car cette intervention est beaucoup moins pratiquée depuis que l'on injecte de la toxine botulique,
  • Greffe parfois possible sur des plaques de pseudo-pelade cicatricielle de Brocq lorsque la zone alopécie est gênante sur le plan esthétique et que la pathologie a cessé d'évoluer,
  • Greffe possible sur des alopécies congénitales type aplasie au niveau du vertex.

 

greffe de cheveux par André Boachon

Greffe sur cicatrice de lifting frontal

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Ces greffes s'accompagner parfois d'une dermopigmentation avec des pigments minéraux pour masquer l'aspect blanchâtre de la cicatrice sous-jacente

 

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Greffe sur cicatrice de trépanation

 

Exceptionnellement des greffes sur des zones peladiques donc non cicatricielles peuvent être effectuées par exemple au niveau de sourcils chez ce patient dont la pelade avait repoussé totalement depuis 10 ans et seuls les sourcils ne repoussaient pas.


 

 

Selon les praticiens, essentiellement trois techniques sont utilisées :Cicatrice souvent disgracieuse au niveau la nuque sur les zones de prélèvement de la bandelette

  • la technique dite de la bandelette, qui consiste à découper plusieurs bandes de cuir chevelu qui sont redécoupées pour obtenir des greffons,
  • la technique FUE, (extraction d'unités folliculaires), les résultats donnent un rendu naturel mais une densité très modérée,
  • la technique de prélèvement direct au punch paraît la plus efficace dans la pratique. Elle a cependant l'inconvénient d'tre longue dans sa réalisation au niveau des prélèvements mais cela évite les cicatrices très fréquentes de la technique de la bandelette.

Les punchs utilisés sont de tailles variables et le diamètre du prélèvement est fonction de différents critères. D'une façon générale, il faut utiliser des emporte-pièces qui sont très petits pour donner un aspect naturel et d'autres plus gros pour avoir un maximum de densité.

 

Ainsi, dans une même intervention, l'utilisation des tailles plus fines dans la zone frontale et un diamètre plus important dans la zone occipitale est tout à fait possible.

Microgreffe Greffe de cheveux

Le choix de la taille des emporte-pièces utilisés, tient compte également d'autres facteurs :

  • Ainsi sur les cheveux clairs (blonds ou blancs), sur les cheveux frisés ou ondulés, nous pouvons utiliser des greffons de grande taille sans risque d'avoir un aspect disgracieux" en champ de poireaux".
  • Par contre, sur des cheveux très foncés non ondulés de type asiatique, les implants doivent être de très petites tailles pour éviter ce risque.

 

L'interrogatoire du patient permet de préciser :

  • les antécédents médicaux (diabète, pathologie cardiovasculaire, HIV...),
  • les antécédents héréditaires qui peuvent orienter sur un pronostic et l'volutivité éventuelle de la calvitie,
  • l'examen clinique est fondamental pour décider ou non de l'intervention. Pour envisager cette intervention, deux conditions indispensables sont requises :
    • Avoir une bonne zone donneuse au niveau de la nuque pour obtenir de bons greffons qui constituent la matière première à l'intervention. La zone donneuse devra avoir une étendue suffisante et les cheveux une bonne densité. Les prélèvements pourront être également effectués dans la zone postérieure et dans les zones temporales. Une zone de prélèvement avec des cheveux fins et denses est plus facile à travailler par rapport à une zone où les cheveux sont de gros diamètre clairsemés.
    • Avoir une zone receveuse suffisamment dégarnie pour que l'implant puisse être mis en place sans risquer de détruire des cheveux existants et persistants.

Au terme de la consultation, si l'intervention est justifiée, le patient est averti :

  • des résultats escomptés et des risques encourus,
  • du coût de l'intervention.

 

Les résultats escomptés

  • pas de cicatrice visible dans la région de prélèvement même avec une coupe de cheveux très courte,
  • sur la zone implantée une bonne densité tout en gardant un aspect naturel du fait de la taille et de l'orientation des implants (pas d'aspect en cheveu de poupée, en champ de poireaux ou balai brosse etc...).

 

Les risques encourus

Ce sont les risques inhérents à toute intervention que l'on réalise sous anesthésie locale.

Il ne faut pas intervenir sans l'avis du médecin traitant en cas de problèmes pathologiques (cardiovasculaire, etc...). Le tabagisme n'est pas une contre-indication mais il est préférable de s'arrêter de fumer dans les jours précédents et suivants l'intervention. Le praticien devant, bien entendu être équipé du matériel nécessaire pour faire face dans les meilleures conditions à tout malaise éventuel.

Une antibiothérapie systématique n'est pas nécessaire, le cuir chevelu étant bien vascularisé, et le matériel stérilisé selon les normes actuelles en vigueur.

Il n'y a pas de risque de rejet le patient étant à la fois donneur et receveur. Bien entendu le patient pourra plus tard s'il le désire effectuer les soins de coiffeur habituels (colorations, décolorations, permanentes) étant donné qu'il s'agit de ses propres cheveux.

Cette consultation préopératoire doit évaluer de façon précise la motivation du patient ; en cas de doute, il faut surseoir et repousser l'intervention

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